Arsac-en-Velay

Château de Bouzols

Edifié à partir du 11e siècle, le château de Bouzols fut le siège d’une puissante baronnie vellave et détenu successivement par de très importantes familles seigneuriales : Mercoeur, Polignac, Turenne et la Tour d’Auvergne Bouillon. Bâti sur une croupe basaltique escarpée surplombant la Loire, sa position stratégique lui conférait le rôle de vigie du Velay face au Vivarais. Sa particularité réside dans l’élaboration de son organisation défensive qui donne l’impression de deux châteaux superposés. Au centre, le donjon des 13e-15e siècles, actuellement en ruine, adopte une forme de trapèze flanqué de tours circulaires pleines à chaque angle. Un fossé taillé dans le roc le sépare des bâtiments d’habitation édifiés au 15e siècle. L’ensemble est protégé, au sud et à l’est, par des murailles d’enceinte qui englobaient aussi le village médiéval. Une succession de terrasses et de jardins est venue, au 19e siècle, se substituer au dispositif défensif externe.

Le château de Bouzols, photographie d’A. Vazeille musée Crozatier

L’aménagement et les ouvertures actuelles de la demeure seigneuriale datent de la fin du 16e siècle. Son état de délabrement a nécessité le lancement d’une campagne de consolidation et de restauration conduite entre 1876 et 1900 dans le respect des formes et matériaux existants. A l’intérieur, le grand salon est doté d’une cheminée d’époque Henri IV et l’oratoire, qui le jouxte, conserve des peintures murales du 17e siècle, rafraîchies au début du 20e siècle.

Histoires

Le village d’Arsac-en-Velay, situé sur la route du Monastier-sur-Gazeille était connu au début du 20e siècle pour sa modernité et son ouverture d’esprit. Ce qui le poussa sans doute à se séparer de la tutelle de la commune de Coubon, alors plus conservatrice.
La construction de la ligne ferroviaire Laurent Eynac, du nom de son principal promoteur, augmenta le passage et c’est ainsi que les commerces fleurirent et s’enrichirent. L’émancipation de la commune en 1928 ne fut certainement pas étrangère à cette prospérité économique. Certains prétendent même que la rigueur et l’austérité du curé de Coubon qui interdisait les bals dans sa paroisse profita au cafetiers Arsacois qui ouvraient leurs portes tous les dimanches et permettaient ainsi à la jeunesse des environs de s’amuser et de danser.
Les villageois décidèrent que leur commune devait être érigée en paroisse et par conséquent être pourvue d’une église. Et c’est ainsi qu’en 1930, débuta sur l’emplacement d’un ancien corps de ferme la construction de l’édifice religieux.
Les habitants se mobilisèrent en nombre et bénéficièrent d’une offre pour le moins surprenante. En effet Mademoiselle Fanny de Ribains, originaire de Pradelles, leur proposa de leur vendre les récents décombres de la chapelle de style néogothique édifiée en 1865 à l’angle de la rue Jean Barthélémy et de la rue Vibert au Puy .
Les Arsacois acceptèrent et s’acheminèrent en direction de la cité mariale. Au retour, le cortège de chars à bœuf chargés de chapiteaux et de colonnes ne dut pas passer inaperçu. Quelle drôle d’équipée ce dut être, entre les routes peu praticables, les animaux fatigués, le regard des badauds ébahis… Il est regrettable que ce « voyage pittoresque » n’ait pas été relaté par écrit, mais heureusement les anciens ont su conserver au fond de leur mémoire ce petit bout d’histoire du village. Quand aux autres, enfants, passants… parions maintenant qu’ils regarderont d’un autre œil les chapiteaux et les colonnes de l’église.

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