Le Monteil

Un four banal à l’histoire peu commune

Autour de ce four, récemment rénové par les habitants de la commune, se sont déroulées au 19e siècle des joutes verbales et judiciaires sans fin. En effet sa situation posa toujours problème les uns voulaient le conserver en place, les autres trouvaient qu’il empêchait l’accès à la cure, mais concédaient qu’il faudrait alors acheter un nouveau terrain sans l’éloigner du bourg…En définitive, le four « peu banal » fut déplacé à trois reprises, suscita un référendum, le recours aux plus grandes instances du département…
Malgré les passions qu’il déchaîna, il demeure aujourd’hui un lieu de convivialité où les villageois aiment à se retrouver et festoyer comme au temps jadis.
Il peut même se targuer d’être célébré en 2004 par Julia Kristeva dans le roman Meurtre à Byzance.

Une belle preuve de mobilisation collective….

Le village du Monteil, construit sur un monticule, offre un panorama unique sur la vallée de la Loire. En s’avançant sur l’éperon rocheux le passant se trouve confronté à une Vierge à l’enfant qui semble faire écho à celle de Notre Dame du Puy. Cette statue bienveillante et connue de tous les villageois a sa petite histoire, une histoire simple et collective mais qui mérite de s’y attarder.
C’est en 1949, sur l’initiative du curé de la paroisse, Albert Richaud que fut décidée la construction de ce monument. Ce ne fut pas l’œuvre d’un seul homme, mais celle de tout un village qui n’hésita pas à se mobiliser en nombre. Chacun donnant un peu de son temps afin de rendre le terrain rocailleux plus apte à l’édification. Les uns s’activaient au transport, les autres prêtaient leur concours à l’aplanissement du rocher ou allaient à la Loire afin de recueillir du sable pour l’esplanade. Certains offraient la matière première pour édifier le socle de la statue. Le fracas des marteaux et des ciseaux retentit pendant des jours jusqu’à ce qu’apparaisse un piédestal blanc immaculé.
Pendant ce temps le prêtre, artiste peintre et sculpteur accompli, s’activait dans son atelier et créait petit à petit la silhouette de la statue aux proportions certaines, 1,60 m et 200 kilos. Une fois l’œuvre de terre cuite achevée, elle fut transportée à la tuilerie brivoise de M. Gipet où elle subit une cuisson de trois jours. Ensuite vint l’inauguration du 16 octobre 1949 réunissant une foule impressionnante, les badauds ayant eu vent de l’effervescence qui régnait au Monteil depuis quelque temps.
Le panorama environnant s’est modifié depuis l’après guerre, l’ère industrielle s’est installée, les grands axes routiers se sont multipliés, mais la statue restaurée en 1993 demeure, impassible aux changements, conservant « ce regard doux et presque grave » sur le monde qui l’entoure.

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