Le Pertuis

Église Saint-Barthélemy

La commune du Pertuis est assez récente puisqu’elle née en 1852 du détachement de Saint-Hostien. Anciennes terres du seigneur de Glavenas, deux chapelles y avaient été édifiées au 13e siècle.
A la fin du 16e siècle, les guerres de religion entraînent la disparation du château et d’une première chapelle. La seconde se trouvait à l’emplacement du chœur de l’église actuelle. Les Antonins quittent cette chapelle au 15e siècle. De la fin du 17e siècle à la fin du 19e siècles elle fait partie du domaine des Pollalion et est épargnée par la Révolution. Elle est rachetée par des familles du Pertuis, rebâtie et agrandie.
L’édification s’est faite par étapes, de même que la décoration dont l’originalité repose sur la peintures murales et sculptures de l’artiste polonais Zygmunt Dobrzycki. Les vitraux ont, quant à eux, été réalisés par l’atelier de Charles Borie.

Zygmunt Dobrzycki (1896-1970)

Cet artiste d’origine polonaise s’était installé pendant la seconde guerre mondiale au Pertuis et y avait son atelier. Outre la fresque située dans l’abside, il a aussi réalisé le chemin de croix en terre cuite et la Piéta sculptée située au dessus du porche.
Médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1937, il participait également à de nombreuses expositions internationales et intervenait régulièrement dans des églises et bâtiments officiels en Belgique.
Il est aussi l’auteur de trois sculptures sur pierre à Yssingeaux et de la tapisserie de la basilique Saint-Joseph à Espaly-Saint-Marcel (réalisée en 1967).

Les châteaux et maisons fortes

L’actuelle commune du Pertuis correspond peu ou prou à l’ancienne seigneurie de Glavenas du 12e siècle. Des moines cisterciens s’y installent au 13e siècle dans une grange appelée La Chomette.

Cela se traduit par la présence de la maison forte (dont celle des seigneurs de Glavenas dans le bourg) et de demeures nobles (dont celle des Sagnard au Vernet ou celle des Pascals au Fossier, à quelques kilomètres du bourg).

La commanderie d’Antonins ayant disparu, il n’en reste aucun vestige et les pierres ont probablement fait l’objet de remploi pour édifier d’autres bâtiments.

Le château de la Chomette, à quelques kilomètres du bourg a été victime des guerres de religion. Ne subsistent que la base de la tour carrée, la cheminée et quelques encadrements de fenêtres.

Le Puy des Juscles

Le Puy des Juscles, situé entre le Mont Gros (1170 m d’altitude) et le suc de Juscles est un ensemble de failles et cavités cartographiées pour la première fois en 1980. Ces failles et éboulis sont le résultat de mouvements tectoniques et de l’érosion lors des grandes périodes glaciaires. En s’effondrant et en glissant les unes contre les autres, de grandes plaques de roches ont formé plusieurs galeries connectées entre elles jusqu’à atteindre plus de 80 mètres de profondeur ; habitat de chauves-souris protégées.
Au fond de ce Puy, s’est formé avec le temps un lac souterrain d’environ 15 mètres de profondeur.

Une histoire de Forêt

Au 17e siècle, les espaces boisés étaient rares au Pertuis. Pour preuve, plusieurs petits hameaux tel que l’Herm, la Chaud ou la Chaumette font directement référence à des mots employés pour qualifier la situation de ces espaces ; Herms signifiant « espaces vides » et Chauds signifiant « pâturages parsemés de pierres ».
Des instructions gouvernementales imposent, dès le 17e siècle, de ralentir les dégradations dues aux troupeaux et à la coupe pour le bois de chauffage.

Pourtant, sur la carte de Cassini du 18e siècle, seul est mentionné le bois de la Vezolle, sur les sucs du Rand et de Corbières. Cela explique peut-être les renforcements des mesures gouvernementales au 19e siècle, notamment grâce à l’instauration du code forestier en 1827.

Aujourd’hui, 40 % de la superficie de la Commune est recouverte de bois et taillis.

Sabotage ?!

En 1854, un arrêté préfectoral impose le repeuplement de 178 hectares de bois, essentiellement d’épicéas, de mélèzes et de pins sylvestres. Les autorités municipales et la population paysanne privée de terrains de pacages, s’y opposent vivement.
Dans la nuit du 4 au 5 Août 1863, un incendie ravage 8,24 hectares de bois de pins. L’arrêté sera tout de même appliqué en 1868.

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