Le blé et la cloche : petites histoires entre Ponots et Vernois…
En 1225, le village du Vernet est la propriété du sieur Armand de Rochegude qui le vend cette même année au puissant Hôtel-Dieu du Puy. Pendant des siècles les villageois bénéficient de la protection de l’institution ponote, mais payent aussi des redevances annuelles assez conséquentes qu’ils règlent en argent ou par des dons en nature.
D’ailleurs en 1590, lorsque la cité mariale est assiégée par les partisans d’Henri de Navarre, les administrateurs de l’Hôtel-Dieu tentent une échappée, escortés des gardes de la ville, afin de recueillir du blé au Vernet pour la population affamée. Une garnison ennemie composée de 400 soldats campée à Espaly est rapidement informée de cette sortie et se met à la poursuite des courageux hospitaliers. Il ne restait alors qu’à s’en remettre à la providence, la confrontation semblant inévitable et l’assurance de récupérer des denrées bien minces, tant les forces en présence étaient inégales. Toutefois s’était sans compter sur la bravoure et peut être aussi la volonté des estomacs inassouvis des Ponots qui accoururent en masse au secours des religieux et repoussèrent les royalistes aux portes d’Espaly.
Si le petit village abrité par le Devès permit aux habitants de la cité vellave d’être sauvés de la disette, il est pour sa part protégé des catastrophes naturelles par le tintement argentin de la cloche offerte par l’Hôpital du Puy. En effet, la mâtine baptisée Marie-Roch, gravée de la date de 1627 et des noms du chanoine Vachon et du maître de l’Hôpital Eyraud, permettrait d’apaiser les âmes sensibles dès le début d’un orage.


