Église Saint-Christophe
L’église est mentionnée dès 1161 par les hospitaliers du Puy et à nouveau en 1204 par les Templiers. Édifice au charme indéniable, elle captive l’attention au premier coup d’œil, par la couleur rougeâtre de sa façade, édifiée en brèche volcanique s’harmonisant à merveille avec le gris de la toiture. Sans oublier qu’elle offre au regard du visiteur un mur sud animé de trois enfeus et des vestiges d’une porte qui devait conduire à l’ancien cimetière. Mais elle s’impose avant tout dans le paysage environnant grâce à sa tour extérieure et à son clocher peigne à quatre baies et trois cloches construit ou refait en 1727, si typique du plateau vellave. Deux gargouilles placées à mi hauteur augmentent le pittoresque et la théâtralité du lieu.
Érigée sur un plan assez rare dans la région, l’église se compose d’une nef, voûtée en berceau brisé comprenant deux travées, et d’un transept non pourvu d’absidioles. De plus l’abside circulaire à l’intérieur, pentagonale à l’extérieur s’orne de cinq arcatures en plein cintre, soutenue par de petites colonnes à chapiteaux feuillagés. Elle présente la particularité d’être de la même largeur que la nef et prolongée par le transept. Ce dernier s’ouvre sur la nef par un arc soutenu de part et d’autre par un mur et des colonnettes.
Au nord, un pilier au chapiteau remployé et gravé de petits cartouches sur chacune de ses faces, provient vraisemblablement d’une église antérieure. Une chapelle a été également ouverte au nord à une époque bien postérieure.
La singulière balustrade de la tribune a fait l’objet d’une restauration en 2002. Ce qui a permis de restituer l’ancien garde-corps en bois composé de lames de largeurs inégales.
Château de Saint-Christophe
La maison forte d’origine est connue dès le 14e siècle, elle est gravement endommagée durant les Guerres de Religions, notamment en 1589, où le donjon est incendié et détruit en 1594.
L’élégant château est ensuite remanié au cours du 16e siècle et du 19e siècle.
Entouré d’un mur d’enceinte au portail d’entrée surmonté d’un fronton triangulaire, le bâtiment de plan carré est cantonné de deux tours rondes dont l’une, au sud, est munie d’un escalier à vis et de divers décors de style Renaissance.
La Grotte de Mandrin, entre mythe et histoire
Parmi les personnages historiques qui ont défrayé la chronique et marqué durablement les esprits, le nom de Mandrin est sans doute en tête de liste. D’innombrables ouvrages relatent les exploits, les lieux visités par le contrebandier du 18e siècle.
La commune de Saint-Christophe-sur-Dolaizon semble avoir été touchée en son temps par cet en engouement pour le brigand savoyard. C’est ainsi que dans le hameau de la Roche, au lieu dit « le Moulin de la Roche », des cavités troglodytiques sont surnommées « les grottes de Mandrin ».
Le bandit aurait-il séjourné sur le territoire ? Ce site lui aurait-il servi de cachette ou de halte ?
Rien n’est moins sûr, car s’il est avéré que Mandrin et sa troupe se sont bien trouvés dans les alentours du Puy en 1754, il n’est jamais fait mention de son passage à Saint-Christophe.
En effet le 16 octobre 1754 aux environs de midi, les contrebandiers entrent dans la cité mariale par la Porte Pannessac et s’enfilent rapidement dans l’étroite rue du Consulat, où se trouve l’entrepôt de sel et de tabac tenu par M. Dupin. A l’intérieur de ce bâtiment se dissimulent le capitaine général des fermes et vingt employés bien décidés à en découdre. Une fusillade éclate, faisant de nombreux blessés dont Mandrin qui est touché au bras. Néanmoins le capitaine ponot et ses hommes doivent abandonner leur poste et s’enfuir par les toits. Les assaillants mettent alors la maison à sac et vendent ce qui n’est pas brisé aux badauds. Ils séjournent au Puy jusqu’au petit matin et se dirigent vers Pradelles où ils arrivent à 17 heures. Dans ce laps de temps, rien n’est précisé sur les activités des contrebandiers : ont-ils fait une halte au hameau de la Roche afin de soigner les blessés ? Mandrin s’y est-il reposé ? Personne ne le sait vraiment, la rumeur seule assure que ce fut un des repères du brigand.