La Pinatelle du Zouave et le pin de boulange
Simple pin sylvestre façonné par l’homme depuis le Moyen Âge, le pin de boulange impose sa silhouette tortueuse sur la commune, notamment le bois de la Pinatelle du Zouave à proximité de Farreyrolles. Il témoigne d’une sylviculture ancestrale : la taille de boulange. Cette technique consistait à couper tous les cinq ans les branches principales afin que seuls les rameaux bas s’accroissent pour fournir une grande quantité de bois. Les fagots recueillis, appelés « garnes », étaient revendus aux boulangers locaux et aux particuliers. Cette pratique s’est essentiellement développée au 19e siècle, où le nombre de fours à pain a augmenté considérablement dans les hameaux et villages vellaves.
« Est-ce du vin du Vivarais, ou du sang de Farreyrolles qui coule ?
J’ai la tête en feu, car j’ai du sang de Farreyrolles, aussi dans mes veines d’enfant !»
Jules Vallès, L’Enfant, 1879

Sanssac-l’église est présent dans une œuvre littéraire majeure du 19e siècle : L’Enfant de Jules Vallès. En effet, le hameau de Farreyroles, d’où est originaire la mère de Vallès est la scène de quelques visites du petit Jacques Vingtras à sa famille. À quelques kilomètres du Puy, cette localité offre en 1846 une terre favorable au labour, faisant vivre près de dix huit ménages, dont les oncles et cousins de L’insurgé. Ce village et la maison de la Tante Mariou constituent pour le héros vallèsien une terre d’évasion, loin du regard de sa mère tyrannique. Il y découvre les travaux des champs et les coutumes locales, notamment celle du reinage, appelé aujourd’hui vogue, fête votive où fête patronale.
« C’est le jour du reinage. On appelle ainsi la fête du village ; on choisit un roi, une reine.
Ils arrivent couverts de rubans au chapeau du roi, de rubans au chapeau de la reine. Ils sont à cheval tous les deux, et suivis de beaux gars du pays, fils de fermiers, qui ont rempli leurs bourses ce jour-là, pour faire des cadeaux aux filles. On tire des coups de fusil, on crie hourrah ! On caracole devant la mairie […] En revenant de l’église on se met à table. Le plus pauvre a son litre de vin et sa terrine de riz sucré, même Jean le Maigre qui demeure dans cette vilaine hutte là-bas.[…] Un bruit de chevaux ! Les gendarmes passent au galop !…C’est la maison Destougnal dans le fond du village ; ceux de Sanssac sont venus, et il y a eu bataille. On se tue dans le cabaret ! Anyn ! Les gars ! Ceux de Farreyrolles en avant ! »