Église de Solignac-sur-Loire
Mentionnée pour la première fois à la fin du 11e siècle, l’église Saint-Vincent de Solignac dépendait alors de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier. L’édifice comporte des parties romanes modifiées à la période gothique et au 19e siècle. Son plan actuel se compose d’une nef unique de cinq travées et d’un chevet plat postérieur à la construction primitive. Le vaisseau principal est couvert d’un berceau brisé retombant sur des arcs doubleaux à demi-colonnes engagées. Son contrebutement est assuré par des murs épais aux arcades basses, peu profondes et de solides contreforts au nord.
L’église et l’ancien château contigu, dans les ruines duquel est établi le cimetière, forment un ensemble digne d’intérêt.

Un deuxième édifice religieux existait avant le 15e siècle placé sous le vocable de Saint-Pierre des Arènes. Effacé des mémoires pendant des siècles, il refait parler de lui durant les travaux du nouveau cimetière en 1871 où sa crypte est mise à jour. Ce caveau est actuellement utilisé comme sépulture des prêtres.
Une émeute eut lieu lors des inventaires du Clergé en 1906. Les Solignacois s’entassèrent dans le lieu de culte et repoussèrent violemment le personnel administratif. Il fallut toute la diplomatie du prêtre pour apaiser les esprits. Seule la grille de la table de communion eut à souffrir de ces troubles, car elle se brisa sous la pression exercée par les manifestants.
La carrière de Solignac-sur-Loire
Elle fait partie du réseau Natura 2000. Ses vastes souterrains résultent d’une ancienne exploitation de pouzzolane et constituent le site d’hivernage le plus important en Haute-Loire pour le Grand Rhinolphe. Il s’agit de l’espèce de chauve souris la plus menacée en France qui bénéficie d’une protection nationale depuis 1981.
Cascade de la Beaume

Un drôle de sobriquet…
On dit que la rudesse du climat forge les âmes, ce qui est sans aucun doute la cause de l’étrange surnom attribué aux solignacois : « Lous esteta soïts », autrement dit « les assomme saints ».
En effet, une légende relate que saint Théofrède, alors abbé du Monastier s’en revenait d’un voyage, ce qui le conduisit à traverser Solignac. Au fur et à mesure de son avancée dans le bourg il s’aperçut d’étranges pratiques, qui témoignaient des croyances superstitieuses des autochtones. Le saint s’arma alors de courage et adressa quelques réprimandes aux villageois. Ces derniers, d’un tempérament sanguin, s ‘échauffèrent assez vite et s’indignèrent des remarques promulguées. Si bien que les uns et les autres s’armèrent de pierres et commencèrent à lapider saint Théofrède qui s’empressa de quitter le hameau. Une troupe de villageois le traqua jusqu’au rives de la Loire qui s’entrouvrit à son passage et se referma devant ses poursuivants.
Une fois remis de ses émotions, le saint décida de se venger des villageois indélicats et leur jeta un sort. Rien ne devait réussir à Solignac, toute entreprise était veine, le malheur devait s’abattre sur les habitants.
La légende ne dit pas si la malédiction fut efficace. Toutefois si elle s’exerça un jour, il semble qu’elle est perdue toute virulence, car la commune vit aujourd’hui paisiblement.
D’après l’Abbé Allezard, Notes historiques sur Solignac sur Loire, tablettes historiques du Velay, Tome II