Église Saint-Vozy
L’histoire de l’église Saint-Vozy est indissociable de celle de Vals-près-le Puy. La commune a toujours été un lieu de passage des pèlerins et des voyageurs, ce qui a favorisé l’établissement de la maladrerie de Saint-Benoît dépendante de l’abbaye de Pébrac dès 1200. Les augustins en charge de cet hospice furent bientôt rejoints, par leurs pendants féminins en 1313. Le couvent érigé pour les accueillir fut envahi en 1419 par les Bourguignons.
Au 17e siècle, après le Concile de Trente, la discipline est restaurée et aboutit à l’extension des monastères et à la création de nouvelles constructions. L’église actuelle pourrait dater de cette période car elle illustre l’évolution de l’architecture classique .
En 1794, le couvent est vendu comme bien national. Les jésuites s’y installent en 1828.
L’église actuelle, ancienne chapelle du couvent, a subi de nombreux remaniements. Elle est une illustration de l’architecture dite classique, notamment la façade sur route avec la porte d’entrée surmontée d’un oculus à feuillages et la porte monumentale à bossages la prolongeant. Jusqu’à la Révolution, la chapelle comportait un étage supérieur distribué en cellules. Le chœur était alors au même niveau que la tribune, mais en arrière. Ce qui correspond à la cour actuelle ouverte sur le grand portail, à côté de la porte d’entrée. A présent la nef se compose de trois travées et d’un chœur à chevet droit. La première travée située sous la tribune, est supportée par quatre arcatures sur piliers. Un arc en retrait constitue l’arc triomphal sur piliers, marqué à la clef de l’écusson du monastère. Le chœur est orné d’un retable au fronton triangulaire probablement du 18e siècle, entouré de deux portes à voussures timbrées.Le clocher foudroyé au 18e siècle a été rénové en 2002 avec une ossature et un parement bois apparent. Sa cloche, provient de l’ermitage Saint Benoit de Vals dissous à la fin du 18e siècle.
Vals-près-le Puy au temps des vignes…

Des abris en pierres sèches se caractérisant par une forme circulaire ou semi circulaire, appelées « chibottes » marquent de leur empreinte le paysage de Vals-près-le Puy et font partie d’un patrimoine local d’importance.
Mais quelle était la fonction de ces cabanes de pierres sèches ?
Si elles ne sont pas, comme l’avaient prétendu certains érudits du 19e siècle, des constructions ligures*, elles sont plus prosaïquement des édifices traditionnels, populaires et ruraux. Les plus anciennes d’entre elles dateraient du 18e siècle, mais dans leur grande majorité elles auraient été édifiées au 18e siècle.
Dans un premier temps elles furent probablement utilisées comme abris par les bergers et prirent au cours des 18e et 19e siècles la fonction de cabanes à outils et d’abris temporaires de vignerons, dont l’activité s’était particulièrement étendue dans la vallée du Dolaizon à cette même époque.
Avant la chute de l’ancien régime, le terroir du Crousas comptait jusqu’à 200 chibottes, dont seulement 32 sont encore visibles. L’heureuse initiative de quelques passionnés a d’ailleurs permis la restauration de certaines chibottes et la réintroduction de la vigne autour de ce bâti vernaculaire*.
*Peuple installé au sud-est de la Gaule et sur le golfe de Gênes. Les romains ne les soumirent définitivement que vers 14 av. J-C.
*Propre à une région, du latin vernaculus qui signifie » indigène »