Cussac, crue de la Loire en 2024 © Anthony Pernet
Une activité humaine tournée vers le fleuve
Les gués de la Planche et celui du lieu-dit « la Veysseyre » ont été réalisés afin d’établir un lien entre les deux rives de la Loire qui traverse la commune.
Cependant les exemples les plus tangibles de la présence humaine sur la Loire demeurent le moulin de la Planche situé près du bourg et le barrage de Saint-Blaise en contrebas du prieuré. Cette retenue construite en 1920 alimente l’usine électrique de Charentus, située sur la commune de Coubon.

Le prieuré Saint-Blaise dont l’existence est attestée dès 1134 est une grande bâtisse construite sur un promontoire rocheux. Cet ensemble architectural composé des anciens bâtiments conventuels en forme de U et de la chapelle Saint-Blaise-de-Jonzac d’époque romane (12e s.) était sous la tutelle de l’abbaye de Cluny. Cet oratoire est inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1992.

Au gré d’une eau bienveillante et malfaisante…
L’histoire de Cussac a été marquée à travers les siècles par l’élément aquatique. Les crues répétées de la Loire et du ruisseau qui traversait le bourg à ciel ouvert jusqu’en 1968, ont causé des dégâts parfois préjudiciables.
Sans en faire une liste exhaustive voici quelques anecdotes qui témoignent des mauvais tours joués par le fleuve et le cours d’eau venu de la fontaine du Terron .
Grossi par une source située en contrebas de Malpas et une autre en provenance du Martouret, le ruisseau va de cascade en cascade pour parcourir enfin une vaste gorge, constituée essentiellement d’argile, surnommée « l’Enfer », ce qui laisse pressentir l’atmosphère du lieu et son accès difficile. En entrant dans le village, il a parcouru près de 1,2 km sur un dénivelé de 200 m, ce qui explique la force de son courant lorsque les orages s’abattent sur les hameaux des Baraques et de Malpas.
Ainsi en 1378 la pluie tomba en abondance sur le Velay ; le village de Cussac fut alors ravagé par les flots, au point que des cadavres furent arrachés du cimetière et le château des prés fut cerné de toutes parts. Entre le 16e et le 17e siècle le ruisseau fit de nombreux dégâts matériels et humains : maisons détruites, église submergée, une croix emportée et une jeune fille noyée…
Au début de la guerre de 14-18, comme un mauvais présage des tristes événements qui allaient venir, le village fut dévasté par des trombes d’eau et une nouvelle fois l’église inondée.
Mais les Cussacois ont su s’adapter aux caprices de la nature et ont su conserver un certain sens pratique, comme en témoigne cette anecdote du 17e siècle.
Un villageois s’affairait à tremper son chanvre dans la Loire afin d’en retirer les fibres textiles. Trop absorbé par son labeur, le malheureux ne s’aperçoit que tardivement de la brusque montée des eaux.
Il met alors toute son énergie pour remonter son chanvre sur la berge, mais il était déjà trop tard ! Le pauvre bougre n’eut que le temps de quitter ses sabots afin de courir plus vite et d’atteindre le village où il ne pût que constater l’étendue des dégâts.
Ne se laissant pas emporter par la gravité de la situation, il se restaure rapidement, empoigne son panier et son épuisette et s’en retourne au fleuve pour effectuer une pêche miraculeuse.
Comme quoi, en tout temps, bon ou mauvais, le Cussacois sait garder son pragmatisme.