Une histoire de querelles
Le site est connu dès l’Antiquité pour ses richesses minérales. Néanmoins, Blavozy appelé successivement Blaose (1217), puis Blayozer (1238), ou encore Blavozer (1502) n’est alors qu’un hameau de Saint-Germain-Laprade. Au fur et à mesure des siècles des antagonismes semblent s’être constitués, au point que les habitants du bourg et du hameau en venaient parfois aux mains. Il faut attendre le 19e siècle pour que les querelles intra-muros éclatent au grand jour et prennent une tournure plus officielle.
• En 1851 une première pétition est déposée sur le bureau du maire de Saint-Germain-Laprade afin que Blavozy soit indépendant administrativement. L’affaire est classée sans suite. Quelque temps après, une église est édifiée sur le territoire blavozyen, avec le concours de toute la population du hameau dont 74 carriers. Cet acte qui apparaît comme bienveillant et charitable, met pourtant le feu aux poudres. Dès l’officialisation de la paroisse de Blavozy en 1857, les choses s’enveniment, tout est alors prétexte à la discorde.
• Le 11 septembre 1858, les Blavozyens souhaitent célébrer leur village à la même date que Saint-Germain-Laprade, ce qui entraîne le refus immédiat du maire. Quinze jours plus tard, ils demandent la construction d’un pont de pierre sur la Semène en remplacement de la passerelle de bois jugée vétuste : réponse laconique du maire, trois francs attribués pour réparer le ponton.
• Une seconde pétition circule en avril 1863, le conseil municipal délibère alors pour la première fois sur la constitution de Blavozy en tant que commune. Le préfet souhaiterait faire accélérer l’affaire et prie Saint-Germain-Laprade de prendre ses dispositions. Toutefois les rancœurs semblent tenaces et la mairie paraît faire de la résistance passive : l’attentisme devient le mot d’ordre.
• Pendant 15 ans les choses stagnent, les adversaires s’observent et espèrent que l’autre cédera avec le temps. Mais rien n’y fait, les blavozyens veulent leur indépendance, c’est pourquoi en janvier 1880 une troisième pétition vient rejoindre les précédentes et s’ajouter au dossier déjà lourd.
• Le 12 avril 1887 le sectionnement électoral entre les deux parties est effectif, mais curieusement la situation administrative reste figée.
• C’est seulement le 7 Mars 1895 que Blavozy devient une commune.
Les animosités ne s’en vont pas avec les lois. Pendant une soixantaine d’années, les rancœurs persistent : bagarres dans les bals, jets de pierres contre les lavandières, brouilles familiales… Depuis l’eau de la Semène a coulé sous les ponts et ces inimitiés passées prêtent plus à sourire à l’heure où les communes se regroupent pour se renforcer.
L’arkose

Solide roche sédimentaire, dont la couleur varie entre le jaune et le gris selon la densité de la pierre. Diverses carrières d’arkose jalonnent le territoire de la Communauté d’agglomération du Puy- en- Velay, dont celle de Blavozy, connue depuis l’Antiquité.
Son exploitation se fait, à travers les siècles, dans des conditions difficiles et dangereuses. Une fois extraite la roche peut être travaillée et permet alors de réaliser de nombreux éléments architecturaux, tels les bas reliefs gallo-romains réutilisés dans le chevet de la cathédrale du Puy et dans les chapiteaux romans. Mais aussi dans les façades Renaissance des immeubles ponots…Elle servira au 18e siècle pour des ouvrages d’art plus importants, notamment la chapelle du Séminaire, la façade de l’Hôtel de Ville du Puy… On la retrouve aussi dans des bâtiments plus officiels au 19e siècle, comme le théâtre, la Préfecture et le Musée Crozatier.