Église Saint-Caprais
L’église est mentionnée dès la fin du 12e siècle et se trouvait probablement dans l’enceinte du castrum. De cette époque, il ne reste que la fondation sur laquelle a été construite l’église aux 14e et 15e siècles dans un style gothique, ce qui en fait un exemple rare dans le Velay. La façade et la première travée sont plus tardives et datent de la fin du 18e siècle ; agrandissement répondant aux besoins démographiques de l’époque.

A la Révolution, le mobilier a subi d’importants dégâts et le clocher a été épargné en le rebaptisant « pyramide nationale ». L’intérieur reste remarquable avec notamment une toile du 17e siècle réalisée par Guy François et représentant un Évêque entre une sainte martyre et sainte Catherine d’Alexandrie. Une autre toile représente la Déploration et était à l’origine dans la chapelle des Pénitents. Les vitraux ont été réalisés au milieu du 19e siècle par le clermontois Émile Thibaud et représentent la légende de saint Caprais, évoquant une source jaillissant dans une grotte et dont dériverait le nom de Craponne.

La chapelle des Pénitents
La Confrérie des Pénitents blancs de Notre-Dame du Gonfalon remonte à la fin du 16e siècle et possédait déjà une chapelle au début du 17e siècle. Des éléments de bois peints au niveau de la couverture laissent penser que le plafond devait à l’origine présenter des caissons ornés de motifs floraux. La décoration y était riche avec notamment une Déploration de Guy François datant du 17e siècle (désormais dans l’église) et un ensemble de tapisseries de Felletin du 18e siècle (localisation inconnue).
Le bâtiment actuel date de la fin du 18e siècle et remplaçait l’ancien édifice devenu trop petit. Après la Révolution, il est confisqué et transformé en atelier de salpêtre pour fabriquer de la poudre à canon. La Confrérie qui compte encore de nombreux membres renaît au début du 19e siècle mais disparaît après 1905. La chapelle devient alors un théâtre puis un cinéma.
La chapelle Saint-Joseph
Maison transformée en couvent au début du 18e siècle, une chapelle y est rapidement construite avec un oratoire. Après la Révolution, le couvent est transformé en maison d’arrêt. Une grande partie du mobilier, dont le retable et l’autel, a disparu. Seule subsiste la chaire. Le clocher et la statue de Saint Joseph qui ornait la façade classique ont également disparu.
Les chapelles
Il existe de nombreuses chapelles dans les villages situés aux alentours de Craponne :
* la chapelle d’Aubissoux qui vient du mot « Albusso » qui évoque le buisson blanc (l’aubépine) et symbolise la source et la pureté. La situation de la chapelle est liée à plusieurs légendes en lien avec Notre Dame d’Orcival. Un pèlerinage du 15 août est mentionné dès la fin du 18e siècle.
* la chapelle de Saint-Roch date de la fin du 18e siècle. Elle est située sur un promontoire à proximité du bourg, à l’emplacement d’une ancienne croix érigée lors de la peste de 1628. Elle était fréquentée par les pèlerins qui se rendaient au Puy.
* la chapelle d’Ollias est liée à plusieurs légendes qui ont conduit à la dédier à Notre-Dame-des-Neiges. Datant du début du 17e siècle, il ne subsiste que le soubassement sur lequel a été érigé un oratoire avec une Vierge. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, des habitants de Craponne s’y rendaient le 5 août, à la nuit tombée, à la lueur des bougies.
* la chapelle de Soulages est une chapelle privée datant de la fin du 18e siècle.
* la chapelle du Monteil date de la fin du 19e siècle et est surmontée d’un campanile en lave.
L’église Saint-Madeleine de Pontempreyrat
Fondée par les seigneurs de Chalencon au milieu du 13e siècle, elle était dédiée à Sainte Madeleine et dépendait de l’abbaye de Doue. Les biens et les terres ont été vendus à la Révolution. Un presbytère est construit au début du 19e siècle. A la fin du 19e siècle, l’église devenue trop petite a été vendue pour financer la construction de la nouvelle église dans un style néo-roman. L’ancienne église a été conservée partiellement et transformée en maison d’habitation.
La Boucherie-charcuterie Girard
Cette boucherie de la fin du 19e siècle se distingue par la présence d’un ensemble de style Art Nouveau comprenant la devanture, les meubles et des carrelages polychromes.
Le reste de l’enceinte et du château
Beaumont, Chalencon et Chalencon-Polignac ; de grandes familles ont possédé la seigneurie de Craponne au fil des siècles. La ville était fortifiée. La présence du château est établie au milieu du 12e siècle puisqu’il subit un siège important lors des luttes entre les évêques du Puy et les vicomtes de Polignac. D’autres sièges suivront jusqu’à sa démolition complète. L’ancienne cour d’honneur est devenu la « Place du Fort » et il ne subsiste aujourd’hui que le donjon qui remonte au moins au 15e siècle et a été transformé en tour de l’horloge. A l’intérieur, des salles ont servi de prison.
Plusieurs rois de France et les vicomtes de Polignac avaient autorisé la ville à se fortifier pour se protéger des attaques extérieures. Les murs étaient entourés de fossés qui pouvaient être inondés. Ce n’est qu’au début du 18e siècle que les habitants sont autorisés à ouvrir des fenêtres dans la muraille. Les fortifications sont progressivement détruites pour permettre l’extension de la ville dans la seconde moitié du 18e siècle. Il ne reste que peu de traces de ces murs et des quatre portes principales, hormis la tour de Pasturel au sud et la tour du Marchedial au nord.
Les pierres à bassin et la légende de Saint-Robert « Roches écuelles »
Une série de rochers creusés de cavités pouvant aller jusqu’à 80 cm de diamètre et 30 cm de profondeur sont présents près du « chemin des faîtes » qui reliait directement Craponne à Sauvessanges. Ces rochers portent le nom d’« écuelle » (ou « escudelles »), « peyra padella », « bachat », ou encore « pialou ».
Ces cavités ont pu avoir des fonctions utilitaires (broyage, tannage, cuisson d’aliments…) mais la légende raconte aussi qu’elles seraient l’œuvre de la hache de saint Robert. Cherchant à établir son ermitage, il parcourt le territoire et lance sa cognée, se fiant à son impact pour le choix de son lieu de recueillement. Des entailles profondes se créent dans la roche mais des difficultés apparaissent et l’obligent à recommencer jusqu’à ce que lui soit désigné enfin l’emplacement de la future abbaye qui portera le nom de Casa Dei (la Chaise-Dieu). Le dernier point de lancée est situé près de la gare de Craponne et est matérialisé par une « Croix de Saint-Robert ».