Monistrol-d’Allier

Monistrol-d'Allier vu de la chapelle Sainte-Madeleine, Haute-Loire, France © Rémih Wikimedia

Église Saint-Pierre

Elle remonte au moins à la moitié du 12e siècle ; date de sa cession par l’évêque de Mende à l’abbaye de la Chaise-Dieu. Remaniée au fil des siècles, elle présente un style roman auvergnat du 12e – 13e siècle. L’édifice comporte un clocher-mur de la fin du 18e siècle coiffé d’une croix grecque. Elle était entourée par un cimetière aujourd’hui désaffecté.

Les statues

A l’intérieur de l’église se trouve notamment une statue polychrome de Notre-Dame d’Estours, Vierge romane en majesté du 12e siècle provenant de la chapelle du même nom.
Une statue de sainte Madeleine allongée et lisant un livre de prières est située juste en face. Elle est réalisée en bois polychrome et date du 17e-18e siècle. Elle provient de la chapelle voisine de la Madeleine.

Le château

En face du village actuel, il est fait état de la présence d’un château au milieu des 13e et 14e siècles. A la fin du 18e siècle, un écrit témoigne de sa situation escarpée sur le rocher et qu’il ne vaut plus que la valeur de ses pierres. Il n’en reste plus de traces aujourd’hui.

La chapelle Sainte-Madeleine

Chapelle Sainte-Madeleine, près de Monistrol d’Allier © L. Olivier

Située sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la chapelle troglodytique de style néo-classique est aménagée dans les grottes en roche basaltique du village d’Escluzels. Une légende raconte qu’un cavalier aurait échappé à un accident à cet endroit en évoquant sainte Madeleine, ou encore qu’une femme allant au Puy y aurait découvert une image de sainte Madelaine. D’autres cavités ont été creusées dans la roche à proximité et servaient de tombes. Peut-être plus anciennes, les seules certitudes d’un culte à cet endroit remontent au 17e siècle. La façade daterait de la fin du 18e ou du début du 19e siècle.

L’usine hydro-électrique

Dès 1909, la commune fait figure de pionnière dans l’électrification. L’initiative émane de l’exploitant du Moulin sur l’Ance du Sud qui veut utiliser la force de l’eau pour produire de l’électricité. Il obtient une concession de distribution aux particuliers.
Jusqu’à la loi de nationalisation de 1946, c’est la « Société électrique de Monistrol d’Allier » qui assure la distribution.
Pour la production, plusieurs barrages vont être construits. D’abord, celui de Pouzas sur l’Ance, en 1918, puis celui de la Valette-Saint-Préjet-d’Allier en 1939 et celui de Poutès, sur le Haut-Allier, en 1941. Sur ce dernier, un ascenseur permet la remontée des saumons vers les frayères du Haut-Allier. Il alimente l’usine par une conduite en béton qui surplombe la route et traverse la montagne. Elle débouche sur une cheminée d’équilibre qui évite les « coups de béliers » (variations brusques de pression) et deux conduites qui alimentent l’usine.

Le pont Eiffel

Point de passage sur l’Allier, la commune a subi de nombreuses crues parfois violentes. Il est probable que dès la fin du 16e siècle, un bac ait été installé pour passer d’une rive à l’autre. Ce service payant est clairement établi au début du 18e siècle et jusqu’au début du 19e siècle. Un premier pond suspendu en « fil de fer », avec une maison de gardien, voit ensuite le jour. Le Département rachète la concession privée afin d’assurer la gratuité de la traversée. En raison de la fragilité de la structure, le pont est remplacé en 1888 par un ouvrage métallique réalisé par la Société Eiffel avec un « tablier sur voûte de brique et chaussée empierrée ». A la veille des années 2000, un second pont vient traverser l’Allier pour faciliter la circulation.

L’ancienne église Saint-Jean-François-Régis de Champels

Reconstruite au début du 19e siècle, l’église renferme quatre vitraux de Charles Borie.

Chapelle Notre-Dame d’Estours et le château d’Estours

La légende relie la construction de la chapelle romane aux apparitions de la Vierge et à la découverte d’une Vierge noire dans le rocher où une statue en bronze a été érigée en 1893. Cette vierge en bois fait toujours l’objet d’un pèlerinage annuel jusqu’à la chapelle, le 7 septembre. L’existence de la chapelle est attestée dès le début du 12e siècle.

Il ne subsiste plus rien de l’ancien château d’Estours qui surplombait la Seuge. A proximité de la chapelle, il devait s’agir d’un château fortifié. Il en est fait état du milieu du 13e siècle au 14e siècle.

Chapelle Saint-Eienne de Douchans et vestiges du château féodal

Site fortifié au 13e siècle, le château connaît une superposition de droits et des conflits. Les routiers, dits « Anglais », s’emparent du château à la fin du 14e siècle. Le château n’est plus mentionné et les terres vont passer entre plusieurs mains au fil des siècles. Il ne subsiste qu’une chapelle romane et quelques traces de construction sous la végétation et dans la roche qui surplombe une boucle de l’Allier.

Les gorges de l’Allier

L’Allier est la dernière rivière sauvage d’Europe. Depuis le Moure de la Gardille en Lozère, elle rejoint la Loire après un parcours de 425 km qui forme, à certains endroits, des sinuosités et de profondes gorges dans le granite et le basalte.

Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle

La commune est traversée par le GR65, sur le tracé de la deuxième étape du Chemin de Compostelle qui relie le Puy-en-Velay à Saint-Jacques de Compostelle (Via Podiensis). La Chapelle de la Madeleine est également située sur le chemin emprunté par de nombreux pèlerins chaque année.

Les orgues basaltiques

D’origine volcanique, le territoire de la commune est marqué par la présence d’orgues basaltiques qui forment un paysage géologique et architectural singulier.

Histoire ferroviaire et le Cévenol

De part sa situation escarpée, la commune sera desservie assez tardivement par le train. Au milieu du 19e siècle, les premières études sont lancées et après quelques années la ligne Brioude-Alès est déclarée d’utilité publique. La ligne devant se frayer un chemin à travers les gorges de l’Allier, de nombreux ouvrages d’art (ponts, tunnels…) vont être nécessaires et une partie des habitants travaille à ce chantier d’envergure. Elle est ouverte en 1870. Depuis 1955, c’est le Cévenol relie Clermont-Ferrand à Nîmes en passant par Monistrol.

Le saumon de l’Allier

L’Allier est un axe migratoire pour de nombreuses espèces dont le saumon atlantique. La présence de saumons dans les cours d’eau se raréfie depuis le Moyen-Age et nécessite des efforts de protection. Il s’agit de la dernière souche sauvage d’Europe occidentale pouvant se reproduire à près de 1000 km de l’océan.

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