Vergezac

Château du Thiolent

Cet édifice est la résidence des premiers seigneurs de Vergezac : les de Fayet. Ce patronyme vient d’un fief seigneurial situé sur la commune de Bains qui fut une des dépendances de la Commanderie des templiers de Chantoin. Au 13e siècle, cette famille donne naissance à la branche des seigneurs du Thiolent, dont le château est situé à quelques kilomètres au nord-ouest du bourg. Le sieur Pierre du Fayet joue un rôle d’importance sur le plateau vellave puisqu’il est nommé bailli et capitaine-châtelain de la vicomté de Polignac en 1383. Son fils Louis, se manifestera pour sa part dans la guerre contre les Anglais et Bourguignons (1381-1420).
Le castel est fortifié et aménagé à partir de 1446. Il est vendu par adjudication en 1697 et devient la propriété de la famille des Rochefort d’Ally. Par la suite il appartiendra aux d’Apchier, dont la descendante, la Baronne de Veyrac, céda le domaine au siècle dernier aux religieuses de Saint-Joseph.
Il est aujourd’hui divisé en deux parties, l’école privée qui s’étend de l’aile gauche jusqu’à la première tour et la partie habitation située dans l’aile droite.

Le château du Thiolent musée Crozatier

Le château est construit sur un plan rectangulaire, et entouré d’un mur d’enceinte dont le portail en plein cintre est surmonté d’un écusson. Sa façade principale offre aux regards des passants deux tours massives. La disposition de celles-ci est assez originale, une se situe au centre, tandis que l’autre est dans l’angle de droite surmontée d’une échauguette*. Il est possible d’observer sur cette dernière des restes de corbeaux soutenant anciennement des éléments défensifs, qu’une toiture de tuiles est venue remplacer. Côté jardin, une tour plus importante est percée d’une meurtrière ronde.

* Petit ouvrage en surplomb affectant la forme d’une tourelle accrochée à mi-hauteur ou au sommet d’un mur.

L’église Saint Rémy de Vergezac

L’église Saint-Rémy de Vergezac © Jan Niggemann

Classée monument historique en 1907, l’église du hameau de Saint-Rémy a été édifiée aux 12e et 13e siècles dans un style roman tardif, puis remaniée au cours des siècles. Elle faisait partie d’un prieuré dépendant de l’abbaye de La Chaise-Dieu jusqu’à la Révolution.
A l’extérieur, la massivité de l’édifice est accentuée par l’emploi de gros appareil de pierre pouzzolane d’origine volcanique et d’épais contreforts. La façade est elle-même soutenue par des contreforts sur lesquelles s’appuie un arc surbaissé d’époque moderne. Il abrite le portail à arc brisé, encadré par deux colonnes à chapiteaux romans s’inspirant de motifs antiques : sur l’un des deux, des tritons tiennent dans leurs mains leurs queues se terminant en tête de serpents. Au-dessus, les arcatures en plein cintre reposent sur des chapiteaux à têtes, caractéristiques du Velay. Le clocher peigne a été ajouté au 16e siècle et son décor correspond au goût Renaissance.
A l’intérieur, l’église adopte le plan très simple d’une nef unique et d’un chœur polygonal voûté d’ogives au 14e siècle. La nef présente la particularité de n’être éclairée par aucune baie latérale. Les chapelles ont été aménagées à la fin du Moyen Âge et de la Renaissance : elles sont voûtées d’ogives ou d’arêtes.
L’église est décorée de peintures murales Renaissance d’une qualité exceptionnelle. Elles associent des motifs végétaux et des formes géométriques traités avec élégance, dans des tons très riches. Au 19e siècle, un badigeon a recouvert ce décor : il est aujourd’hui en partie mis au jour, mais a souffert de l’humidité.

Un pommier miraculeux…

Une paysanne née en 1786 et prénommée Rose, dévouée aux bonnes œuvres, courait la campagne jour et nuit au chevet des nécessiteux. Elle était connue pour sa gourmandise, notamment un goût immodéré pour les pommes, d’où son surnom de la Rose aux pommes. Les villageois bienveillants lui offraient de beaux fruits qu’elle s’empressait de redistribuer aux malades. C’est ainsi que le bruit courut dans le pays que les pommes de la Rose étaient miraculeuses et que quiconque en mangeait se trouvait aller mieux.
A sa mort elle fût inhumée dans le cimetière paroissial et accompagnée par ceux qu’elle avait chéris.
Quelques mois plus tard les habitants eurent la surprise de découvrir un pommier sur la tombe de la Rose, qui fut couvert de fruits dont les villageois se délectèrent. En 1872, le curé le fit couper estimant que le va et vient des badauds troublait la quiétude du lieu. Pourtant la souche donna quelque mois plus tard un rejet qui devint rapidement un bel arbre, qui cessa néanmoins d’être pourvu de fruits.
Qu’importe l’abondance de la récolte, le pommier semblait être là pour rappeler le souvenir de cette dame bonne et généreuse.

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