Édifiée sur les pentes du mont Baury, face au mont Bar, la cité d’Allègre impressionne par les vestiges de ses fortifications
Au Moyen Âge, deux châteaux coexistent : au nord, une motte castrale protégée par un fossé et au sud, le château de la famille Alègre. Au 14e siècle, les Tourzel, nouveaux seigneurs d’Allègre, font ériger un château fortifié comprenant trois enceintes distinctes et 23 tours. La troisième enceinte, d’une superficie de 1920 m², constitue le château proprement dit avec ses cours intérieures, ses tours d’angle massives, ses tours intermédiaires et, au centre, la tour dite du Trésor faisant office de donjon. Dans toute sa partie supérieure, le château est couronné d’un chemin de ronde en encorbellement avec créneaux et mâchicoulis tréflés reliant les tours entre elles. Un incendie ravage le château en 1698. Il est alors laissé à l’abandon et sert de carrière, abondamment utilisée, d’abord par ses propriétaires, qui prennent les plus belles pierres pour bâtir leurs autres demeures, puis par les habitants d’Allègre. Il ne reste alors que la « Potence », impressionnant vestige de deux des tours, reliées par une partie transversale.

On accédait à la première enceinte du château par les portes de Monsieur et de Ravel (14e siècle).

La première, à arc en ogive, est surmontée de mâchicoulis et flanquée de deux tours percées d’archères canonnières. La place principale, dite du Marchédial, se développe peu après la construction du château des Tourzel. Ancienne basse-cour, située entre la première et la seconde enceinte, c’est un espace urbain essentiel dans la vie sociale et commerciale du bourg. Au début du 15e siècle, quelques familles notables sont autorisées à y construire leur résidence. Huit hôtels particuliers sont ainsi édifiés entre 1435 et 1485, dont six directement autour de la place (hôtels particuliers de Grellet, de la Clède, de Mozac, de Bar, d’Artasse et de Guérin). Au cours des siècles suivants, ces bâtisses subissent diverses transformations, bénéficiant notamment de l’ouverture de baies côté muraille.
Église Saint-Martin
A l’emplacement de l’église actuelle se trouvait déjà une église romane, mentionnée dès le début du 11e siècle. Pour accompagner le développement économique et démographique, l’édifice est agrandi au 15e siècle. La nouvelle église est édifiée, dans un style gothique, à l’initiative du seigneur Yves II de Tourzel d’Allègre et grâce à la contribution des habitants. Durant les travaux d’élargissement du début du 19e siècle, le clocher et la nef se sont effondrés. Les chapelles latérales qui accueillaient des sépultures sont supprimées à cette occasion. Les deux vitraux situés de part et d’autre du vitrail central font référence à la vie de saint Martin : à droite la scène où le saint partage son manteau et à gauche celle où le Christ le lui rend.
La Chapelle Notre-Dame de l’Oratoire ou des pénitents
Suite au don, par son frère, de trois statues dont l’une de Notre-Dame-de-Piété, Antoine de Mozac fait construire, au milieu du 16e siècle, un oratoire pour les accueillir. Il devient un lieu de pèlerinage et constitue le chœur de l’actuelle chapelle. La nef et le campanule à deux cloches remontent à la moitié du 17e siècle qui voit s’installer la confrérie des pénitents blancs. L’intérieur est marqué par la présence d’une litre funéraire illustrée de 16 écus armoriés et de nombreux objets mobiliers, dont une piéta en bois polychrome du 16e siècle et un Christ aux liens du 17e siècle.
Les ruines du château et l’ancien bourg fortifié
Le château de la famille d’Alègre cité au début du 13e siècle est remplacé à la fin du 14e siècle par une forteresse construite par Morinot de Tourzel. Elle était composée de trois enceintes dont la première correspond à peu près au bourg actuel. L’enceinte comportait deux portes : la porte de Monsieur et la porte de Ravel.
L’enceinte du château disposait de huit tours dont quatre aux angles et un donjon central. Du château, subsiste la « potence » qui était la façade méridionale. Assiégé au 14e siècle et lors des guerres de religion de la fin du 16e siècle, la forteresse résiste et sera même embellie et transformée en demeure princière au 16e siècle. Après une période faste, elle est finalement détruite par un incendie à la fin du 17e siècle.
Le bourg conserve également les vestiges de huit hôtels particuliers.
La Chapelle Saint-Yves
Détruite au 18e siècle, il ne subsiste rien de cette chapelle qui était située dans la deuxième enceinte du château et qui était le lieu de sépulture des seigneurs d’Allègre.
L’église Saint-Pierre de Châteauneuf
Une église était mentionnée au milieu du 13e siècle dans ce village près d’Allègre ; probablement en lien avec le château. Elle aurait probablement été remplacée par une maison de béate tombée en ruine dans les années 50.
La tour du Mont Bar
Cette tour située au sommet du Mont Bar n’est plus utilisée. Construite en 1903 par le Service cartographique des Armées (devenu IGN), elle servait à élever un appareil de mesure pour l’établissement de cartes d’État-major.
Le Mont Bar
Il s’agit d’un volcan de type strombolien (explosif) qui culmine à 1175m. Vieux de 2 à 3 millions d’année, il s’agit pourtant d’un des plus jeunes volcans du Velay. Il fait partie de la chaîne du Devès qui s’étend entre la Loire et l’Allier. Son cratère abritait un lac qui a été asséché au début du 19e siècle ; laissant place à une tourbière unique en Europe. Elle bénéficie d’une protection au titre de la Réserve naturelle régionale et de la zone Natura 2000 car elle abrite une faune et une flore exceptionnelle : fraisiers d’eau, carex et sphaignes.
George Sand, lors de son passage en Haute-Loire, y aurait collecté des plantes pour son herbier de Nohant. Elle relate également dans son roman « Jean de la Roche », la légende selon laquelle des joutes nautiques romaines auraient eu lieu sur le lac.
Une autre légende raconte que des druides y auraient fait des offrandes à l’époque gauloise. Sans confirmer celle-ci, des recherches archéologiques menées au début du 19e siècle ont mis au jour des objets antiques aujourd’hui conservés au musée Crozatier.
Le Mont Baury
Le bourg est adossé au mont Baury. Comme le mont Bar voisin, il s’agit d’un volcan, culminant à 1125m mais dont le cratère est incomplet. Il fait partie de la chaîne du Devès qui s’étend entre la Loire et l’Allier. Vieux de 2 à 3 millions d’année, il s’agit pourtant d’un des plus jeunes volcans du Velay. Le chemin qui longe le cratère depuis la Potence suit le tracé de l’ancien chemin de ronde et mène jusqu’à l’emplacement d’une ancienne tour de Guet.