Coubon

Coubon, usine de la Darne © Gilles Roubin

Château de Poinsac

Le château de Poinsac vers 1875, musée Crozatier

Le château de Poinsac a une place secondaire dans le dispositif défensif qui commande la haute vallée de la Loire à la fin du Moyen Âge. Sur sa rive droite, face à la forteresse de Bouzols, il ne contrôle en effet aucune voie ancienne et domine le fleuve d’assez loin. A partir du 13e siècle, les seigneurs de Poinsac ont souhaité édifier une maison forte à l’emplacement d’une propriété agricole familiale. En 1390, dans un contexte d’insécurité, ils demandent l’autorisation au vicomte de Polignac de construire un donjon, à l’image de celui de son château de Polignac. Cette tour-résidence rectangulaire de 20 m de haut est couronnée d’échauguettes, de créneaux et de mâchicoulis. Elle comporte à l’origine cinq niveaux séparés par des plafonds à poutres apparentes peintes : seul le plafond peint du deuxième étage a été conservé et présente un beau décor de motifs géométriques et végétaux. Au 15e siècle, le donjon est entouré de plusieurs bâtiments et de tours protégés par une enceinte. Au 18e siècle, il est remanié et les pièces orientées au sud sont ornées de stucs et bois taillés. Dans la bibliothèque, le décor évoque les quatre parties du monde, thème développé à Versailles. Dans l’escalier, un Hercule de staff supporte artificiellement une galerie. Le 19e siècle a donné sa physionomie actuelle au donjon : son dernier étage est supprimé et les créneaux et échauguettes sont arasés. Malgré ces dernières transformations, le château garde son aspect du 18e siècle.

Château de la Tour Daniel

Château de la Tour près de Coubon, Daniel Vincens musée Crozatier

Le château de la Tour Daniel a été édifié à la fin du Moyen Age pour contrôler la rive gauche de la Loire et la route conduisant au Puy-en-Velay. Au 14e siècle, il comprend un mur d’enceinte et un donjon rectangulaire construits en pierre volcanique non taillée. Au début du 16e siècle, la famille Rochebaron-de-la-Tour l’agrandit. Une tour est accolée au donjon : elle comporte un escalier d’apparat et un cabinet destiné au châtelain au dernier niveau. Sur son étroite façade, côté entrée, un décor très original se déploie à partir du premier étage : des pointes de diamants et des boules agrémentent de petites baies à moulures prismatiques. Traitées comme des cabochons de joaillerie, ces éléments ornementaux sont certainement d’inspiration espagnole. Le rez-de-chaussée arbore un décor tout aussi intéressant de style gothique flamboyant (ou tardif) composé de griffons ailés, frise végétale et armoiries. La porte d’entrée s’inscrit dans un réseau d’arcs en accolade ornés de moulures croisées.
Le choix architectural des différents maîtres d’œuvre est d’une grande sobriété. Certaines pièces renferment de belles cheminées monumentales en pierre d’époque Renaissance. Leurs manteaux sont animés d’épisodes bibliques sculptés dans un style gothique flamboyant. Le châtelain y est à chaque fois représenté. Le même soin a été apporté aux vantaux de certaines portes sculptés de scénettes et personnages : sur la porte de la cuisine, un festin ; sur la porte de l’oratoire, saint Ambroise et saint Augustin associés aux bustes des châtelains.

De fil et d’eau : l’histoire industrielle de Coubon

Au début du 20e siècle, la commune de Coubon est un témoin privilégié de l’ère industrielle. Elle abrite deux entreprises à la pointe de la technologie : la Filature de la Darne et l’usine électrique de Charentus.
L’aventure industrielle commence en 1908 lorsque Auguste Vacher, entrepreneur ponot, conçoit le projet de fabriquer du fil pour les dentelliers locaux. Il choisit le domaine de la Darne, propriété ancestrale des seigneurs de Bouzols. Le site de confluence de la Laussonne et de la Loire semble parfait : l’eau permettant le blanchiment de la teinture du fil et les hameaux alentours fournissant une main d’œuvre abondante. De plus la place stratégique de la Haute-Loire au cœur du massif central, assure plusieurs débouchés (région lyonnaise, midi de la France et le Maghreb) pour concurrencer les fabriques du Nord.
En moins de deux ans les bâtiments dessinés par Gustave Roux sont édifiés. La filature enregistre ses premières commandes dés 1910. Ce bon départ est freiné par la guerre de 14-18, la production étant ralentie faute de main d’œuvre spécialisée. En 1920 le dépôt de bilan est inéluctable, l’entreprise est alors rachetée par un industriel parisien, M. Pierre Mangin. A La période faste des années 1920 et 1930, succède une nouvelle guerre. L’usine de la Darne enregistre un bilan financier convenable compte tenu du contexte socio-économique. Pourtant « la Darne » ne retrouve pas son chiffre d’affaire d’antan, et ce malgré les efforts de la direction et des ouvriers. Les commandes déclinent crescendo jusqu’à sa fermeture en 1976.
La commune possède un autre élément de patrimoine industriel : l’usine électrique de Charentus . Elle est édifiée sur les rives de la Loire entre 1916 et 1917 par des prisonniers allemands sous la tutelle de l’entreprise Blondel. Ce chantier nécessite d’importants travaux (construction du bâtiment en pierre granitique, d’une digue de retenue à Cussac et percement d’un tunnel de Cussac à Charentus). En 1920 tout est fin prêt, néanmoins cette rapidité d’exécution à un prix : l’inondation de terrains et la mort d’un ouvrier.
Aujourd’hui, l’usine fonctionne toujours, mais elle ne suffit plus aux besoins énergétiques, elle demeure toutefois un patrimoine industriel vivant.

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