Église Saint-Gilles
La fondation du prieuré, au bord de la Loire, coïncide avec l’arrivée de l’abbé Dalmace de Beaumont (vers 943) qui y trouve refuge. Il avait été chassé de son abbaye de Saint-Gilles-du-Gard par les moines réfractaires à la réforme qu’il souhaitait y mener. Dans son périple, il aurait emporté le corps de saint Gilles avec lui. La présence du corps et celle d’un Saint Clou de la Croix, a valu au prieuré d’être un lieu de vénération de reliques et de pèlerinage au fil des siècles. Il s’agit aussi d’une étape importante sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis Cluny.
Les éléments les plus anciens de l’Église datent de la fin du 11e ou du début du 12e siècle : nef, bas-côtés, transept et partie inférieure de l’abside. L’Église compte de nombreux chapiteaux sculptés d’animaux fantastiques, de végétations ou figures humaines, ainsi que des peintures murales. Les tourelles extérieures témoignent de la fortification du monastère au 14e siècle. Le prieuré voit son apogée au 13e siècle, sous Raymond Ier de Mercoeur, mais connaît, à partir du 14e puis du 17e siècle, un fort déclin. Cela se traduit par un effondrement partiel de l’édifice. La Révolution entraîne le départ des moines, ainsi que la destruction du clocher de l’Église et d’une partie des bâtiments du prieuré (dont il ne subsiste que l’aile orientale avec sa colonnade et quelques vestiges du cloître et d’une clôture fortifiée). Il faut attendre la fin du 19e siècle pour qu’une importante campagne de restauration soit entreprise. D’autres restaurations seront menées à la fin du 20e siècle et dans les années 2000.
Les peintures murales
Les retours de piliers du chœur de l’Église comportent de rares exemples de décors peints à la chaux du 12e – 13e siècles dont une Vierge en majesté.
Les vantaux du portail
La porte en bois sculptée polychrome du 12e siècle a été déposée en 1893 et est présentée à l’intérieur de l’édifice. Il s’agit de l’une des cinq portes romanes encore présentes en Haute-Loire (avec celle de la cathédrale du Puy-en-Velay), réalisées suivant la technique dite de la « taille d’épargne » ; la taille « épargnant » le motif. Elle présente un relief en méplat dont il n’existerait pas d’autre exemple de cette facture et motifs.
Le reliquaire de Chamalières

Le reliquaire présente un répertoire décoratif relevant de l’architecture avec un crénelage discret, quatre petites tourelles d’angles, des parois décorées d’un motif de parement gravé. Un écusson au armes de la maison de Polignac se trouve sur le toit de l’objet.
Le bénitier
L’Église conserve un bénitier, pilier roman du 12e siècle, orné de quatre personnages. Il s’agit de deux prophètes et deux rois d’Israël : Isaïe et Jérémie, David et Salomon. Il servait probablement de support au cierge pascal.
Le tombeau de l’évêque Saint-Etienne de Chalancon
L’Église abrite le tombeau de l’évêque Saint-Etienne de Chalancon, décédé en 1231. Ce tombeau du 13e siècle présente un décor en bas-relief, à l’origine polychrome.
Les vases acoustiques
La voûte du chœur compte trente échéas. Ces vases acoustiques assurent une parfaite acoustique du lieu par amplification et atténuation des fréquences.
Le coq
Le clocher d’origine de l’Église a été détruit. L’actuel clocher date de 1900 et est inspiré de l’Église de Retournac mais le coq en bronze date du 12e siècle.
Le Prieuré
Situé au nord de l’Église, il ne reste qu’une tour d’angle et une façade du côté de la Loire. A l’origine, l’édifice devait être fortifié.
Les châteaux et maisons fortes
Dans le bourg deux châteaux et un manoir ont eu une histoire commune jusqu’au début du 20e siècle puisqu’ils appartenaient aux Jourda de Vaux. Le château de la Place est une maison forte de plan carré datant de la fin du 15e siècle avec une tour à trois pans qui abrite un escalier à vis et une façade qui présente des fenêtres à meneaux et à chanfreins caractéristiques de la période de construction. Le château Peyrache, voisin du château de la Place, date du 16e siècle, tout comme l’ancien manoir Rulhier, dans le hameau de Varennes, détruit à la fin du 19e siècle et dont les pierres ont été vendues. Il n’en reste qu’une tour.
Dans le hameau de Ventressac, une autre maison forte de plan carré surplombe les environs et présente une apparence défensive, probablement en vue de protéger le prieuré. Cette dernière remonte au 12e siècle mais a connu des transformations, notamment avec un remaniement de la façade au 15e siècle et au 18e siècle.
Le Rocher de Costaros
Le rocher domine la plaine et est le vestige de la lave qui s’est faufilée à travers les fractures du granit. En arrivant à la surface, cette lave a refroidi rapidement et a pris une couleur grisâtre, devenant de la phonolite. Ce phénomène a conduit à la formation, il y a plus de 10 millions d’années, de prismes verticaux appelés « orgues » dont une grande partie a été détruite par l’érosion. Subsiste une falaise qui sert d’habitat pour la nidification des oiseaux.
Le Suc de Barthou

Le sommet du suc du Barthou culmine à 984 mètres et offre un point de vue sur l’ensemble des sommets du pays des sucs dont, au loin, le mont Mézenc, plus haut sommet de la Haute-Loire.